Conversion de PDF vers InDesign

Services Print T&T InDesign Trucs et tutosPublished mai 19, 2011 at 12:55 No Comments

Faire un PDF depuis un programme de mise en page est devenu une opération courante. Mais qu’en est-il lorsque on souhaite le contraire, c’est-à-dire récupérer un fichier éditable depuis un PDF?
La Mutuelle du personnel IBM souhaitait rapidement mettre à jour des documents réalisés en interne dans InDesign, et ne pouvait malheureusement récupérer les fichiers originaux. Contacté par le biais de son partenaire intégrateur (la société Galilée), j’ai pu recomposer ces fichiers à l’identique, à partir de leurs PDF.
Comment?

Disons-le tout de suite : il n’y a pas de procédé permettant automatiquement, et sans opération manuelle, de restaurer l’original d’un fichier InDesign (ou Quark) depuis un PDF. Pourquoi? Parce que le PDF n’est PAS un format de travail, c’est un format d’export. Ce format, en créant une sorte de « Polaroïd vectoriel » va réécrire les données d’un fichier en l’allégeant, c’est-à-dire en le simplifiant pour garder son aspect à l’affichage et à l’impression, tout en supprimant les fonctions qui l’alourdissent.
Garder l’aspect, pas les fonctionnalités d’édition, c’est le parti pris du format PDF, et cette orientation alimente depuis longtemps le débat « fond/forme » de nombreux informaticiens, dans le cas de flux d’informations et de réutilisation de contenus…

Malgré tout, dans notre exemple, il existe des outils qui facilitent grandement le travail de recomposition : PDF2ID notamment. Edité par Recosoft, cet utilitaire, plug-in d’InDesign, va recréer des éléments (blocs texte, blocs image) selon l’aspect visuel du PDF, en tenant compte notamment des polices de caractère, des graisses et des corps utilisés. On sait (ou pas) qu’un PDF embarque les informations relatives aux caractères utilisés, ainsi que celles des blocs ou des filets vectoriels. PDF2ID tire donc parti de ces informations pour recréer les éléments vectoriels dans InDesign.

Là où l’utilitaire a ses limites, c’est qu’il ne reconnaît ni les paragraphes ni les feuilles de style d’origine, ni la logique de construction des blocs, ni les fonds perdus… En fait, il va souvent recréer un bloc texte par ligne, en chaînant tous les blocs! La version Démo, de plus, remplacera le texte par des Xxxx, à partir de la page 2, et créera une version basse déf. des images importées en RVB.

copie d'écran

C’est déjà mieux  que rien : nous avons l’indication des couleurs, des typos (corps, graisse) et de l’emplacement du texte et des images. Il nous suffira de placer des repères avant de supprimer les blocs inutiles, pour les remplacer par le vrai texte, coulant dans un seul bloc. De même avec les images inexploitables. On aura intérêt à garder constamment l’original PDF sous les yeux, dans ce jeu des 7 erreurs.

Concernant la composition, le format PDF crée un paragraphe par ligne (pour « verrouiller » l’aspect visuel), il faut donc supprimer toutes les marques de paragraphes inutiles. De plus, PDF2ID va quasiment créer une feuille de style à chaque bloc, même si les attributs de texte sont les mêmes d’une page à l’autre! Idem pour les styles de caractères, à chaque changement de graisse, couleur, dans un même paragraphe. Cela va nous donner une liste impressionnante de styles, totalement inexploitables, à supprimer au plus vite. Heureusement, il existe une fonction d’InDesign permettant de conserver l’aspect visuel d’un texte en supprimant son style. Il suffira ensuite de créer soi-même le style que l’on voudra réutiliser, à partir d’un texte sélectionné.

Dans mon travail pour la Mutuelle d’IBM, j’ai remarqué un grand nombre de fonds dégradés, enregistrés en images Tiff RVB à 72 dpi. Je ne sais si ces dégradés étaient à l’origine de vrais imports ou bien de simples blocs faits dans InDesign, dont le fond aurait été transformé en image par PDF2ID. Quoi qu’il en soit, j’ai converti à chaque fois l’image en CMJN dans Photoshop, j’ai mesuré les valeurs de début et de fin avec la pipette, pour recréer ensuite le dégradé dans InDesign, afin de ne pas risquer d’en voir les étapes, à l’impression.

Concernant les tableaux, PDF2ID ne recrée pas les tableaux d’InDesign, ni même la gestion du texte tabulé, mais il garde les attributs de couleur et de typo. Il faudra donc refaire quelque chose de propre par soi-même. Quelques bizarreries dans la gestion des filets, des cadres et des ombrés sont à noter également. L’effet de contour progressif sur l’image avait également disparu…

copie d'écran

Concernant les images bitmap, j’ai réutilisé les images du PDF original, que j’ai réinjectées dans le doc InDesign, pour gagner en résolution. (Sélectionner l’image dans Acrobat, puis la copier, créer un nouveau doc dans Photoshop, puis la coller, la convertir en CMJN et l’enregistrer.) Pour les copies d’écran, la résolution originale suffit, pour les photos, penser à booster un peu la résolution qui est souvent baissée par le PDF (menu Image > Taille de l’image, rééchantillonnage bicubique plus lisse). Dans le rapport texte-image, tous les habillages sont à refaire, puisque les blocs sont à refaire…

Ailleurs, une image a dû être refaite dans Illustrator (logo) car la typographie était vraiment trop abîmée par le passage en basse déf., dû au PDF ou à PDF2ID.

En conclusion, PDF2ID seul ne peut pas faire de miracles. Mais il ne faut pas lui jeter la pierre, car un fichier PDF est déjà très pauvre sur le plan éditorial. Cependant, il convertira des informations précieuses au format ID : polices, couleurs, filets, blocs (dans une certaine mesure), et, en liaison constante avec tous les logiciels CS (InDesign, Acrobat, Photoshop et Illustrator), il permettra d’aider grandement à la recomposition d’un ou de plusieurs fichiers. Quelle aurait été l’alternative, à part ouvrir le PDF dans Illustrator et noter scrupuleusement les coordonnées de chaque élément à recréer?

copie d'écranPour finir, laissons parler la cliente de Galilée :

« Le fichier correspond tout à fait à ma demande et m’a permis de pouvoir préparer la réunion. Je vous remercie. »

Cool :-)

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